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La CPIDH est consternée par l'aggravation de la situation des droits de l'homme due à l'usage de la force par les autorités du Myanmar contre les musulmans Rohingya et demande au gouvernement du Myanmar de prendre des mesures immédiates et efficaces pour arrêter le cycle de la violence en cours et à assurer l'assistance humanitaire à toute la population affectée

Date: 9/3/2017

La Commission Permanente Indépendante des Droits de l'Homme de l'OCI (CPIDH) se joint à la communauté internationale des droits de l'homme en exprimant une fois de plus sa consternation et son choc contre la vague récente et continue de violence aveugle par les autorités de l'État contre la communauté musulmane Rohingya dans l'État de Rakhine, au Myanmar. Selon les estimations de l'ONU, environ 60 000 personnes ont fui l'escalade de la violence et des massacres, dont Rohingyas ont été tué sans discrimination et blessé par des tirs militaires, même en fuyant, et des hélicoptères et des grenades propulsées par fusée utilisés contre la population civile. Environ 27 000 réfugiés Rohingyas ont traversé Bangladesh depuis vendredi dernier, et 20 000 autres restent bloqués entre les deux pays.

 Contrairement aux revendications du gouvernement du Myanmar, qui reproche aux "terroristes" d'avoir lancé la violence, plusieurs rapports des Nations Unies et des organisations internationales des droits de l'homme, y compris le dernier rapport de la Commission consultative internationale de M. Kofi Annan (nommé par le gouvernement du Myanmar) ont souligné à plusieurs reprises que «si les préoccupations en matière de droits de l'homme ne sont pas correctement abordées et si les gens restent politiquement et économiquement marginalisés, cela constituera un terrain fertile pour la radicalisation, les personnes devenant de plus en plus vulnérables au recrutement par les extrémistes». Au lieu de prêter attention à ces rapports bien informés, le gouvernement du Myanmar utilise une force militaire aveugle, y compris une artillerie lourde, sur une population civile. Les opérations de sécurité récentes, y compris les incendies criminels apparents contre les villages du Rohingyas, les mauvais traitements infligés à une population civile, y compris la torture, le viol et les exécutions extrajudiciaires, préoccupent sérieusement toute la communauté internationale, en particulier tous les musulmans du monde entier.

 En raison des graves excès causés par les forces de sécurité du Myanmar, ce qui a entraîné une augmentation du nombre de morts parmi les populations touchées en particulier les musulmans du Rohingyas, le Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM) a suspendu les travaux d'aide dans l'État de Rakhine en citant des préoccupations en matière de sécurité. La suspension des opérations d'assistance alimentaire affecterait 250 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays et d'autres populations les plus vulnérables, comme l'indique le PAM.

 La CPIDH condamne fermement ces atroces violations des droits de l'homme et demande au gouvernement du Myanmar de prendre des mesures immédiates et efficaces pour mettre fin à toutes les formes de violations des droits de l'homme contre la population musulmane du Rohingyas innocente et non armée. La CPIDH se joint également aux Procédures spéciales des Nations Unies en demandant au gouvernement du Myanmar de mettre en œuvre positivement les recommandations de la Commission consultative internationale (Kofi Annan) sur l'État d'Arakan/Rakhine. Ces recommandations incluent les demandes de longue date du gouvernement du Myanmar par la communauté internationale des droits de l'homme sur les questions de citoyenneté, de liberté de circulation, de personnes déplacées à l'intérieur du pays, d'accès humanitaire sans entrave et d'accès aux médias, de l'éducation, de la santé et d'autres problèmes de développement. Le rapport recommande également une action urgente et soutenue sur plusieurs fronts afin de prévenir la violence, de maintenir la paix, de favoriser la réconciliation et d'offrir un sentiment d'espoir à la population de Rohingyas, particulièrement pressée par l'État.

 La CPIDH exhorte également tous les États membres de l'OCI, en particulier les pays voisins de Myanmar, à continuer à s'engager et à exhorter le gouvernement du Myanmar à respecter son obligation d'assurer la promotion et la protection des droits de l'homme de tous ses citoyens en particulier sa minorité musulmane du Rohingyas persécutée. Les pays de l'OCI devraient également soulever ces préoccupations dans tous les forums internationaux appropriés, y compris le Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève et le Conseil de sécurité à New York.

 La CPIDH continuera à suivre de près la situation des musulmans du Rohingya au Myanmar et explorera les opportunités avec les parties concernées afin de prendre des mesures conjointes pour atténuer les droits humains et la situation humanitaire auxquels les musulmans du Rohingya sont confrontés. La CPIDH saisit également l'occasion de renouveler son appel au gouvernement du Myanmar pour permettre une visite d'enquête ainsi que la création du bureau humanitaire de l'OCI pour le décaissement de l'aide humanitaire dans l'État de Rakhine.

  

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 Pour plus d'informations, veillez visiter le site Web de la CPIDH à: www.oic-iphrc.org

 


 
 
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