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La Commission Permanente et Indépendante des droits de l'Homme de l’OCI (CPIDH) condamne la diffusion du film antimusulman, comme un acte délibéré d’incitation

Date: 9/19/2012

Après la sortie sur Internet d'un film malveillant raillant ouvertement l'Islam et le Prophète Mohamed (PBSL) et les réactions qui s’ensuivirent de la part des Musulmans dans de nombreux pays, la Commission Indépendante Permanente des droits de l'Homme de l’OCI (CPIDH) a publié la déclaration suivante:

 

La Commission condamne fortement cet acte répugnant et répréhensible qui représente un abus du droit à la liberté d'expression, dont l'exercice implique des devoirs et des responsabilités particulières aux termes du droit internationale en matière des droits de l'homme, notamment l'Article 19 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques. Les intentions malveillantes qui se trouvent derrière cet acte insensé sont évidents, étant donné le choix du moment précis de sa sortie et de son contenu.

 

Tout en réaffirmant le droit au rassemblement pacifique et l'obligation de tous les États de promouvoir et de préserver ce droit, la Commission rappelle que l'exercice de ce droit doit se faire conformément à la loi et ce à tout moment, afin de préserver la sécurité et l’ordre public comme stipulé à l'Article 21 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques. En conséquence, la Commission déplore toutes les réactions violentes, particulièrement le meurtre répugnant de personnes innocentes.

 

La Commission rappelle que chaque être humain possède le droit inhérent à la vie et que nul ne devrait être arbitrairement privé de ce droit. Elle rappelle également que l'Islam enseigne que le meurtre d'un seul individu équivaut à l’assassinat de tous les êtres humains. La sacralité de la vie humaine est ainsi révérée dans l'Islam.

 

La Commission constate avec préoccupation que ce film n'est pas un acte isolé mais s’inscrit dans le cadre d’une vaste campagne antimusulmane en cours, visant non seulement à heurter les sentiments des Musulmans dans le monde entier, mais aussi à déformer la vraie image de l'Islam, induisant du même coup une recrudescence des stéréotypes réducteurs, du profilage négatif, de l'intolérance et de l'incitation à la haine religieuse et à la violence. Considérant que la religion est un des éléments fondamentaux dans la conception qu’ont les adeptes de leur vie et de leur identité, le dénigrement des religions, pour beaucoup d’entre eux, s’assimile en l’occurrence à une attaque directe visant leur personne. Si cette campagne devait se prolonger sans que nul n’y mette un terme, elle ne pourra que baliser le terrain à une « banalisation » malvenue de l'intolérance croissante à l’égard des Musulmans et légitimer en quelque sorte l'imposition de mesures législatives et administratives restrictives et discriminatoires sur leur droit de pratiquer leur religion dans beaucoup de contrées du globe.

 

La Commission souligne que l’intimidation motivée par l'extrémisme, religieux ou autre, est un instrument commode qui sert à stigmatiser des groupes et des individus appartenant à certaines religions et constitue à ce titre une expression claire d'incitation à la haine. En conséquence, le dénigrement des religions peut créer plus qu’une barrière psychologique ce qui a pour effet d’affecter aptitude des adeptes à observer, pratiquer et manifester leur religion librement par crainte de coercition, violence ou représailles. Cela revient à hypothéquer lourdement le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, et en fin de compte briser l’harmonie sociale et bafouer les principes des droits de l'homme. La Commission souligne dans ce contexte que l'apathie et l'inaction vis-à-vis de telles provocations et discriminations ne peuvent pas être justifiés, qu’elles soient dirigées contre l'Islam et les Musulmans ou contre toute autre religion et ses adeptes.

 

La Commission souligne que la situation créée par cet acte malveillant confirme de nouveau l'urgence pour tous les États d’honorer pleinement leurs obligations en matière de droit internationale des droits de l'homme pour interdire toute forme d’appel à la haine nationale, raciale ou religieuse qui constitue une incitation à la discrimination, à l'hostilité ou à la violence. De tels actes nuisent à la dynamique positive générée par les activités initiées sous l’égide d’autres organisations gouvernementales et non gouvernementales, y compris celles de l'Alliance des Civilisations, visant à réfuter les idées fausses et à promouvoir la compréhension et le respect entre les diverses cultures et civilisations. Il est donc impératif de renouveler l'engagement international à promouvoir la tolérance, le dialogue et l’entente à tous les niveaux.

 

Par conséquent, la Commission exhorte les États à veiller scrupuleusement à mettre en œuvre les mesures identifiées dans la résolution 16/18, adoptée par consensus par le Conseil des Droits de l'Homme et la résolution 66/167 de l'Assemblée générale des Nations unies. Parallèlement, il importe de redoubler d’efforts pour élaborer un code de conduite international à l’usage des médias et des réseaux sociaux pour empêcher toute diffusion de matière incitant à la haine, qui constitue une violation de l'Article 19 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques et de l'Article 4 de la Convention Internationale sur l'Élimination de toutes les formes de Discrimination Raciale. La relance immédiate d’un processus intergouvernemental pour l’élaboration de normes


 
 
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