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La CPIDH exhorte le Gouvernement du Myanmar à prendre des mesures fermes pour mettre immédiatement fin à la violence contre sa population Rohingya ; traduire en justice les auteurs de ces actes ; réviser et remplacer toutes les politiques et pratiques à leur égard ; assurer un retour durable et volontaire aux réfugiés Rohingyas, en toute sécurité et dignité, et leur garantir les moyens de subsistance dans leur patrie dans l’État de Rakhine

Date: 1/5/2018

La Commission permanente indépendante des droits de l’homme de l’OCI (CPIDH) a exprimé sa consternation face à la situation tragique endurée par les musulmans Rohingya au Myanmar, qui continuent de souffrir de violations graves et institutionnalisées des droits de l’homme, à une grande échelle. Persécutée en raison de sa race, de sa religion et de son origine, la minorité Rohingya du Myanmar représente l’un des pires exemples de victimes du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité, a-t-elle ajouté. Ces commentaires ont été faits au terme d’une visite d’information de trois jours effectuée à Cox Bazar (Bangladesh) par l’OCI-CPIDH, conformément au mandat que lui a confié le Conseil des Ministres des Affaires Etrangères (CMAE) de l’OCI et consistant à assurer le suivi régulier de la situation des droits de l’homme de la minorité musulmane Rohingya au Myanmar et à en faire rapport.

En l’absence d’une quelconque suite favorable des autorités du Myanmar aux demandes répétées émises par la CPIDH pour l’accomplissement d’une visite d’information dans l’État de Rakhine, en vue de prendre connaissance de manière libre et objective de la situation des droits humains sur le terrain, une délégation de la CPIDH s’est rendue à Cox Bazar où elle a rencontré les réfugiés Rohingyas et d’autres parties prenantes pour obtenir des informations de première main sur la situation des droits humains des Rohingyas au Myanmar. La délégation de la CPIDH comprenait le Dr. Rashid Al Balushi (Président) et les membres M. Med Kaggwa, Dr. Raihanah Abdullah, Amb. Abdul Wahab, M. Mahmoud Afifi et M. Adama Nana, en plus des fonctionnaires du Secrétariat général de l’OCI et du Secrétariat de la CPIDH.

Au cours de la visite, la délégation de la CPIDH a eu l’occasion de rencontrer et de discuter de manière approfondie avec les réfugiés Rohingya sur les conditions déplorables qu’ils endurent au Myanmar. Les horribles récits de violations des droits de l’homme racontés par les réfugiés Rohingya comprenaient une discrimination systématique et systémique, en niant toutes sortes de leurs droits civils, politiques, économiques et sociaux, ainsi qu’une violence généralisée et aveugle entraînant la torture, le viol et les exécutions extrajudiciaires qui n’a même pas épargné les femmes, les enfants et les personnes âgées. Des témoins oculaires ont également relaté des événements épouvantables, qui ont débuté durant le mois d’août de l’année écoulée. Des centaines de villages Rohingya ont été incendiés et des milliers de civils innocents ont été torturés et brutalisés par des tirs d’hélicoptères et de lance-roquettes, y compris ceux qui étaient en fuite, ce qui a généré des centaines d’exécutions extrajudiciaires et forcé des centaines de milliers de personnes à fuir leur patrie pour avoir la vie sauve. De plus, des représentants des agences humanitaires et des droits de l’homme des Nations Unies, ainsi que des organisations internationales des droits de l’homme et des acteurs de la société civile, rencontrés par la délégation de la CPIDH, ont également confirmé avoir eu des témoignages similaires d’un grand nombre de victimes qui ont fui leur foyer au Myanmar.

La délégation de la CPIDH a explicitement condamné les violations flagrantes des droits de l’homme commises contre les musulmans Rohingyas au Myanmar, et déclaré qu’il s’agissait d’un comportement raciste déplorable et discriminatoire d’une minorité sur la base de sa race, de sa religion et de son origine, dans toutes les sphères de la vie, y compris les droits socio-économiques et politiques. Selon les témoignages d’un large éventail de victimes Rohingya, la Commission a affirmé que la situation porte les traits caractéristiques d’une campagne organisée de nettoyage ethnique, qui est un crime contre l’humanité, en vertu du droit international, et doit être arrêtée par tous les moyens.

La Commission a rappelé aux autorités du Myanmar que tergiverser ne les aiderait nullement à s’en tirer face au déni des droits fondamentaux de la population Rohingya. En conséquence, la CPIDH a demandé au Gouvernement du Myanmar : a) de prendre des mesures fermes pour mettre immédiatement fin à la violence contre les Rohingya et traduire les auteurs de ces actes en justice; b) réviser et remplacer toutes les politiques et pratiques discriminatoires contre sa population Rohingya; c) assurer un retour durable et volontaire des réfugiés Rohingya en toute sécurité et dignité, et leur garantir les moyens de subsistance ; d) assurer un accès libre et sans entrave aux agences d’aide humanitaire ; e) accepter des missions d’enquête de l’ONU et de l’OCI pour mener des investigations indépendantes sur toutes les violations présumées du droit international des droits de l’homme ; f) mettre en œuvre les recommandations de la Commission consultative de Kofi Annan; g) contrer les campagnes de désinformation contre les Rohingya et favoriser la réconciliation entre les communautés touchées par la voix du dialogue et d’une plus grande intégration ; et h) prendre des mesures concrètes pour s’attaquer aux causes profondes de la privation et de la discrimination des Rohingyas, y compris les questions de citoyenneté et les défis de longue date liés au développement social et économique, grâce à une approche fondée sur les droits de l’homme.

Aussi, la Commission a-t-elle appelé la Communauté internationale, en général, et les États membres de l’OCI, en particulier, à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour exhorter le Myanmar à respecter ses obligations internationales en matière de droits de l’homme envers sa minorité Rohingya, de manière concrète et limitée dans le temps. Elle les a également exhortés à apporter toute l’aide humanitaire nécessaire, aussi bien aux Rohingyas déplacés à l’intérieur du Myanmar qu’à ceux qui vivent dans des camps de réfugiés dans les pays voisins. Pour sa part, la Commission s’est engagée à continuer de suivre de près la situation des droits de l’homme des musulmans Rohingya et à n’épargner aucun effort pour atténuer leurs souffrances, en coopération avec les parties prenantes régionales et internationales.

La délégation de la CPIDH a exprimé ses sincères remerciements au Gouvernement de la République populaire du Bangladesh pour l’accès sans entrave et le soutien logistique total qui lui avaient été assurés pour accomplir sa mission en toute objectivité et neutralité. Un rapport détaillé de la visite de la délégation de la CPIDH, comprenant des recommandations concrètes, sera présenté à la 45ème session du CMAE pour examen.

 

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Pour toute autre information, prière visiter le site web de la CPIDH suivant : www.oic-iphrc.org


 
 
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