Commission Permanente Indépendante des Droits de l’homme (CPIDH) de
l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI)
Protéger et promouvoir les droits de l'homme dans le monde musulman et au-delà

La Commission Permanente Indépendante des Droits de l'Homme de l'Organisation de la Coopération Islamique (CPIDH-OCI) condamne l’intensification de la campagne de profilage négatif, de ciblage, de représailles et de violence menée contre les populations innocentes du Cachemire à l’instigation du Gouvernement Indien, des Organes de Presse et des groupes d'Extrême Droite suite à l'attentat suicide de Pulwama

Date:2/26/2019

Djeddah, le 26 février 2019 :

La Commission Permanente Indépendante des Droits de l'Homme de l'Organisation de la Coopération Islamique (CPIDH-OCI) condamne avec fermeté les attaques ayant ciblé les populations civiles innocentes du Cachemire, dont notamment des étudiants, des hommes d'affaires et des activistes politiques évoluant dans diverses régions de l'Inde, à l’instigation du Gouvernement Indien, des Organes de Presse et des nationalistes du Groupe d'Extrême Droite au lendemain d'un attentat-suicide au Cachemire sous Occupation Indienne (IoK), ce qui engendré de graves violations des droits fondamentaux de l'homme, y compris notamment le droit à la vie, le droit à la liberté d’expression, le droit à la manifestation pacifique et le droit à la réunion.

Selon les informations relayées par la presse, plus de sept cents (700) étudiants et commerçants Cachemiriens originaires de différentes régions de l'Inde se seraient réfugiés chez eux pour échapper aux représailles déclenchées suite à l'attentat-suicide. Les réseaux sociaux partagent bien de vidéos sur des Cachemiriens victimes de brutalités ou de sévices sous l'influence de l'Aile Droite Nationaliste Hindoue et de quelques organes de presse. Le discours incontrôlé d’incitation à la haine est si répandu que même les prisonniers musulmans n'échappent plus aux violences d’autres personnes détenues dans les différentes maisons d’arrêt du pays, et pour preuve, le meurtre d'un prisonnier lapidé à mort à la Prison Centrale de Jaipur en est une illustration. L'incapacité du Gouvernement Indien à assurer la protection des vies humaines, des biens et des commerces des Cachemiriens contre des attaques commises par des émeutiers et d’autres actes de vandalisme reste déplorable et constitue une flagrante violation des dispositions du droit international des droits de l'homme, du droit humanitaire et des Conventions de Genève.

La situation est d’autant plus grave qu’elle ait récemment nécessité l’intervention de la Cour Suprême de l'Inde dans l'affaire, ordonnant au Gouvernement Indien de prendre les dispositions nécessaires pour assurer la protection des Cachemiriens qui continuent de subir les effets néfastes des propos haineux et virulents, de la discrimination et des réactions violentes suite aux opérations de recherche de sécurité et de harcèlement depuis l'attentat-suicide de Pulwama. L'on se souvient que Pulwama est le même endroit où, le 15 décembre 2018, les Forces de Sécurité Indiennes ont ouvert le feu sans discernement sur des civils innocents du cachemire, en situation de manifestation pacifique contre les violations des droits de l'homme, et ce, en guise d'appui à leur droit inaliénable à l'autodétermination.

La CPIDH de l'OCI continue de souligner, sans risque de se tromper, que la violence engendre la violence et que le déni des droits fondamentaux de l'homme donne une occasion aux éléments extrémistes d'agir et de frapper. La lutte légitime et pacifique du peuple Cachemirien qui consiste à accéder à son droit les plus absolu à l'autodétermination continue de faire l'objet d'une répression brutale, entraînant parfois des réactions violentes. A cet égard, le Gouvernement Indien doit éviter d’utiliser ces réactions violentes des populations comme prétexte pour donner ‘’ feu vert ‘’ à ses Forces d’Occupation pour la commission davantage d’atrocités au préjudice de la population civile innocente du Cachemire. Grâce à la Loi Draconienne sur le Pouvoir Spécial des Forces Armées, les forces indiennes continuent de détenir, de torturer et même de tuer des suspects sans risque de faire l’objet d’une enquête, chose qui favorise une culture de l'impunité, constituant ainsi une grave violation du Droit International des Droits de l’Homme. De telles violations des droits de l'homme commises par les forces d'occupation Indiennes au Cachemire ne peuvent qu'attiser les sentiments de la population locale.

Par conséquent, la CPIDH partage les préoccupations de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, en l'occurrence de Mme Bachelet, relatives à l'utilisation de l'attaque de Pulwama comme prétexte pour justifier des menaces et des actes de violence dirigés contre les Cachemiriens et d'autres populations Musulmanes vivant dans les différentes régions de l'Inde. À cet effet, elle invite le Gouvernement Indien à prendre des mesures urgentes et nécessaires pour mettre fin à ces actions hostiles, tout en autorisant l'accès des organismes de défense des droits de l’homme, y compris l'OCI et le HCDH, au Cachemire sous Occupation Indienne, en vue d'évaluer de manière objective la situation des droits de l'homme qui prévaut sur le terrain.

La Commission se félicite de la tenue de la réunion d'urgence du Groupe de Contact de l'OCI sur le Jammu-et-Cachemire le 26 février 2019 à Djeddah, tout en exprimant sa pleine et entière souscription aux préoccupations et aux recommandations dudit groupe de contact relatives à la situation actuelle des droits de l'homme au Cachemire sous Occupation Indienne.

**************************************

 

 

 

Plus Communiqués de presse